Le Monde, France
Why Disney's Odd Silence Over Hamas'
Mickey Clone?
"A group like Disney, which manages amusement parks visited
by million of tourists, hardly has an interest in attracting the attention of
an organization based on violence …"
By Yves Mamou
Translated By Pascaline Jay
May 30, 2007
France -
Le Monde - Original Article (French)
The American group of Disney companies is renowned for mercilessly
battling counterfeiters. Its battalion of lawyers fights every inch of the way
against all fraudulent uses of the characters that made its fortune: Donald,
Minnie and Daffy Duck … But when the Islamic resistance movement of Hamas decided to clone Mickey to host a propaganda show for
children, the American company was careful not to react.
The
Israeli government, a number of humanitarian organizations, Jews and non-Jews,
the international press and even Fatah [the ruling
Party in Palestine] protested the puppet Farfour -
the Mickey clone - that talks to a little girl named Saraa
every Friday afternoon on the Hamas controlled
channel, Al-Aqsa WATCH
. The program
is called, "The Pioneers of Tomorrow," and the [Mickey
clone's] comments are rarely innocuous: "You
mustn’t forget your prayers and must go to mosque five times a day. And you
must put yourself on the front lines until we rule the world," insists
Farfour. Or: "This
is Allah’s will, this country, these children, these men and women, these old
people, we will prevail, we will defeat Bush, we will overcome Sharon! Ah, Sharon is dead! We will
defeat Olmert! We will defeat Condoleezza …"
Diane
Disney Miller, the daughter of Walt Disney, spoke out several times in the
American press against "the
indoctrination of children. An act that runs counter to the most elementary
humanity." But the group founded by her father acted as though it
didn't hear. It was as though when counterfeiting is done for ideological
purposes, Disney feels out of its depth.
Disney
CEO Robert A. Iger finally confessed that he had
voluntarily turned a deaf ear. On May 21st during a convention of news editors
and American writers, Iger admitted that the group, "didn't mobilize our forces and seek to
either have the clip taken down or to make any broad public statement about it."
It was not
a matter of indifference. "We were terrified by the use they’ve made of
our character," he said. "An organization that exploits children in
this manner can only give rise to contempt," he added. But he estimated
that a public reaction wasn’t necessary, simply because, "I
just didn't think it would have any effect," M. Iger
concluded.
A trial
in an area like Gaza where laws aren’t respected
wouldn’t make much sense, he explained. But fear could be the main reason. A
group like Disney, which manages amusement parks visited by million of
tourists, hardly has an interest in attracting the attention of an organization
based on violence. But on this point as well, the CEO of Disney said
nothing.
French Version Below
Le curieux silence de Disney, par Yves Mamou
30.05.07
Le groupe américain Disney est réputé pour la lutte sans pitié qu'il mène contre
les contrefacteurs. Ses bataillons d'avocats bataillent pied à pied contre toute utilisation
frauduleuse des personnages
qui ont fait sa fortune : Donald, Minnie, Picsou...
Mais lorsque le Mouvement de la résistance islamique
Hamas a choisi de cloner Mickey, pour animer une émission de propagande à destination des enfants (Le Monde du 16 mai 2007), le groupe de
communication américain s'est
bien gardé de réagir.
Le gouvernement
israélien, nombre d'organisations humanitaires, juives et non juives, la presse internationale et même le Fatah ont
protesté contre la
marionette Farfour - un clone de Mickey - qui, tous les vendredis après-midi,
dialogue avec une petite fille
nommée Saraa sur la chaîne Al-Aqsa, contrôlée par le Hamas. Le programme s'appelle "Les Pionniers de demain" et les propos sont rarement anodins : "Tu ne dois
pas oublier tes prières et te rendre
à la mosquée cinq fois par jour. Et tu dois te
mettre dans les premiers rangs jusqu'à ce
que nous gouvernions le monde", insiste
Farfour. Ou bien : "Telle est la volonté d'Allah, ce pays, ses enfants, ses
hommes et femmes, ses vieillards, nous vaincrons, nous vaincrons Bush, nous vaincrons Sharon ! Ah, Sharon est
mort ! Nous vaincrons Olmert ! Nous vaincrons
Condoleezza..."
Diane Disney Miller, fille de Walt Disney, s'est insurgée à plusieurs
reprises dans la presse américaine contre "l'endoctrinement des enfants. Un acte qui va à
l'encontre de l'humanité la
plus élémentaire". Mais
le groupe fondé par son père a fait comme s'il n'entendait pas. Comme si la contrefaçon
quand elle était à finalité
idéologique sortait de son ressort.
Robert A. Iger, PDG de Disney, a fini par avouer qu'il avait
fait volontairement la sourde
oreille. Le 21 mai, à un congrès des éditeurs de presse et des écrivains américains, le PDG de
Disney a reconnu que le groupe "n'avait ni mobilisé ses
forces, ni exigé le retrait de la marionnette, et moins encore cherché à réagir publiquement".
Il ne
s'agissait nullement d'indifférence. "Nous avons été épouvantés
par l'utilisation qui était
faite de notre personnage", a-t-il dit. "Une organisation qui exploite les enfants de cette manière ne peut
susciter que le mépris", a-t-il ajouté. Mais il
a estimé qu'une réaction publique ne s'imposait pas. Pour la bonne raison que cela "n'aurait rien changé", a conclu M. Iger. Un procès dans une
zone de non-droit comme Gaza n'aurait
guère eu de sens, a-t-il laissé
entendre. Mais la crainte pourrait avoir été motrice. Un groupe qui, comme Disney, gère des parcs où circulent des millions de touristes n'a guère
intérêt à attirer sur lui
l'attention d'une organisation rodée à la violence. Mais, sur ce point aussi,
le PDG de Disney n'a rien dit.
Yves Mamou
Article paru dans l'édition
du 30.05.07