
Countries accused of taking part in 'extraordinary
renditions.'
Le Monde, France
Report Confirms CIA Ran Secret Prisons in Poland, Romania
"Poland and Romania agreed to equip the installations on
these sites with the most advanced forms of security and secrecy, and they gave
absolute guarantees of non-interference."
- Senator Dick Marty, author of Council of Europe report on CIA
activities in Europe
By
Rafaële Rivais, of Le Monde's European Bureau
Translated
By Kate Brumback
June 7, 2007
France
- Le Monde - Original Article (French)
Brussels, Belgium: Poland and Romania allowed secret detention centers
managed by the CIA between 2002 and 2005. What was just a suspicion in June
2006 has become, one year later, a charge that is firmly backed up by Dick
Marty, who is investigating the secret detention and illegal transfer of
detainees for the Council of Europe.
In the
statement of findings included in his draft report, which should be made public
on Friday (June 8), Marty says that "the highest authorities" of
these two countries knew "about the illegal activities of the CIA on their
territory."
In
Poland, he accuses former president Aleksander Kwasniewski, a Socialist
European deputy who was head of the national security office, Marek Siwiec,
former defense minister Jerzy Szmajdzinski, and former head of military
intelligence, Marek Dukaczewski.
In Romania, he accuses former president Ion
Iliescu, who was in office until December 20,
2004, and
current president Traian Basescu, as well as Ioan Talpes, then presidential
adviser on national security, Oran Mircea Pascu, a former defense minister and
Segiu Tudor Medar, former head of military intelligence.
Mr.
Marty, who in June 2006 described the "spider's web of secret detentions
and illegal transfers" spun by the United States, with the collaboration
of "sixteen Council of Europe countries" since September 11, 2001,
recalls that, "on September 6, 2006, President Bush decided to reveal the
existence of the secret program implemented by the CIA to arrest, detain and
interrogate persons suspected of terrorism on territory outside the United
States."
BLACK
SITES
The
liberal Swiss senator explains that, "on September 17, 2001, the Sunday
following the September 11 attacks, President Bush signed a secret presidential
decree" that granted the CIA, "the broadest possible permission and
protections" to carry out secret operations aimed at a specific category of
terrorism suspects, called "targets of great importance." "Their
profile is that of organizers, planners, elite operators and providers of
logistics in some of the most devastating terrorist plots attributed to
al-Qaeda," Marty says.
The U.S.
intelligence agency, "excluding any sharing of information" with
other services like the FBI or the army, the Bush Administration had the idea
of creating "black sites," in "various parts of the world,"
where the CIA could be the "exclusive jailer" of prisoners that it
wanted to question with the use of force.
Marty
doesn't exclude the possibility that, "Thailand and Diego Garcia, an island under
the international supervision of the United Kingdom" accommodated such sites. He
asserts that the air base in Szymany, Poland and that in Stare-Kiejkuty, Romania, were sites. It is in Szymany
that Khaled Sheikh Mohammed, captured in Pakistan and the mastermind of the September
11, 2001
attacks, was held and interrogated. "Agents of Taliban leaders" and
then "the heads of branches of support networks for insurgents in Iraq" were transferred to the Romania site.
The
detention centers were managed by the CIA, while the Polish and Romanian
military intelligence services were only responsible for securing the
perimeter. Marty said that NATO is, "the platform through which the United States obtained the necessary permission
and protection that it needed for the CIA's secret actions."
On
October 4, 2001, the 18 NATO allies - including Poland - and the nine who want
to join - including Romania - decided, officially, to give the United States
"general flyover authorizations" for "military flights linked to
anti-terrorism operations" and to ensure them "access to
airfields." In fact, "secret" clauses allowed the granting of
these authorizations to planes used by the CIA.
"These
authorizations served as a platform for bilateral agreements that were also
secret" and which, notably, made it possible to create "black
sites," Marty says. "Poland and Romania agreed to equip the installations
on these sites with the most advanced forms of security and secrecy, and they
gave absolute guarantees of non-interference," he writes.
He
estimates that these two countries were chosen because they were
"economically vulnerable," that they "depended on American
support for their strategic development" and that they were "truly
pro-Westerners." He criticizes the attitude of the Romanian authorities,
who tried to "hide" information from him on the flights, and the
Polish authorities, who refused to give it to him.
French Version Below
La Pologne et la Roumanie démentent avoir accueilli des prisons secrètes de
la CIA
00.06.07
La Pologne et la Roumanie ont abrité des centres secrets de détention, gérés par la CIA, entre 2002 et
2005. Ce qui, en juin 2006,
n'était encore qu'un soupçon est devenu,
un an plus tard, une
accusation solidement étayée
par Dick Marty, rapporteur du
Conseil de l'Europe sur les détentions secrètes et les transferts illégaux de détenus.
Dans l'exposé des motifs de son projet
de rapport, qui devait être
rendu public vendredi 8 juin, M.Marty assure que "les plus hautes autorités" de ces deux pays étaient "au
courant des activités illégales
de la CIA sur leur territoire".
En Pologne, il accuse Aleksander
Kwasniewski, l'ancien président,
Marek Siwiec, eurodéputé membre
du groupe socialiste, alors chef du bureau de la sécurité nationale, Jerzy Szmajdzinski, alors
ministre de la défense nationale, et Marek Dukaczewski, ancien
chef du renseignement militaire.
En Roumanie, il met en cause l'ancien président, Ion Iliescu,
en poste jusqu'au 20 décembre 2004, et l'actuel président, Traian Basescu, ainsi que Ioan Talpes, alors conseiller présidentiel pour la sécurité nationale, Oran Mircea
Pascu, ancien ministre de
la défense, et Sergiu Tudor
Medar, ancien chef de la direction du renseignement militaire.
M. Marty,
qui, en juin 2006, avait décrit la "toile d'araignée
de détentions secrètes et
de transferts illégaux"
tissée par les Etats-Unis,
avec la collaboration de "seize Etats du Conseil de l'Europe"
depuis le 11 septembre
2001, rappelle que "le
6 septembre 2006, le président
Bush a décidé de révéler l'existence du programme secret mis en œuvre par la CIA pour arrêter, détenir et interroger hors du territoire des Etats-Unis des personnes soupçonnées de terrorisme".
"SITES
NOIRS"
Le sénateur libéral suisse explique que, "le 17 septembre
2001, soit le dimanche qui
a suivi les attaques du 11-Septembre, le président
Bush a signé un décret présidentiel secret" qui accordait
à la CIA "des permissions et des protections aussi larges que possible"
pour mener des opérations secrètes visant une catégorie particulière
de suspects de terrorisme, les "cibles de grande importance".
"Leur profil était celui d'orchestrateurs,
de planificateurs, d'opérateurs
d'élite et de pourvoyeurs logistiques de certains complots terroristes les plus dévastateurs
attribués à Al-Qaida", assure M. Marty.
L'agence
états-unienne du renseignement "excluant
tout partage d'informations"
avec d'autres services comme
le FBI ou l'armée, l'administration Bush a eu l'idée de créer des "sites
noirs", dans "diverses
parties du monde", où
la CIA pourrait être le "geôlier exclusif" des prisonniers qu'elle voudrait interroger, en faisant usage de la force.
M. Marty n'exclut pas que "l'île de Diego Garcia, sous la responsabilité internationale du Royaume-Uni, et la Thaïlande" aient accueilli de tels sites. Il
assure que la base aérienne
de Szymany, en Pologne, et celle de Stare-Kiejkuty, en Roumanie, l'ont fait. C'est à Szymany que Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau des attaques du 11 septembre 2001, capturé au Pakistan, a été détenu et interrogé. En Roumanie ont été
transférés "des agents de chefs
talibans" puis "les
chefs des branches des réseaux de soutien
aux insurgés en Irak".
Les centres de détention ont été gérés
par la CIA, les services de renseignement militaire polonais et roumain ayant eu
pour seule fonction d'assurer la sécurité du périmètre. M. Marty affirme que l'OTAN
est "la plate-forme
à partir de laquelle les Etats-Unis ont obtenu les permissions et
protections essentielles dont
ils avaient besoin pour les actions secrètes
de la CIA".
Le 4 octobre 2001, les dix-huit alliés de l'OTAN – dont faisait partie
la Pologne – et ses neuf "aspirants" – dont
faisait partie la Roumanie – décidaient, officiellement, d'accorder aux Etats-Unis des "autorisations
de survol générales"
pour les "vols militaires
liés à des opérations contre le terrorisme" et de leur assurer "l'accès aux aérodromes". En fait, des clauses "secrètes" permettaient d'accorder ces autorisations aux avions exploités par la CIA.
"Ces autorisations ont servi de plate-forme pour des accords bilatéraux,
eux aussi secrets", qui ont
notamment permis de créer des "sites noirs", affirme M. Marty. "La Pologne
et la Roumanie ont accepté de doter les installations de ces
sites des formes les plus avancées
de sécurité et de secret, et elles
ont donné des garanties absolues de non-ingérence", écrit-il.
Il estime que ces
deux pays ont été choisis parce
qu'ils étaient "économiquement vulnérables",
qu'ils "dépendaient
du soutien américain pour leur développement stratégique",
et qu'ils étaient "vraiment pro-Occidentaux".
Il déplore l'attitude des autorités roumaines, qui ont tenté de lui
"dissimuler" des informations
sur les vols, ainsi que celle
des autorités polonaises, qui les lui
ont refusées.
Rafaële
Rivais, Bruxelles, bureau européen