Enjeux planétaires de la présidentielle américaine
ETATS-UNIS. A la veille
du Super Tuesday, tour d'horizon
des raisons qui nous poussent
à regarder de l'autre côté de l'Atlantique.
Susanne Sinclair
Lundi 4 février
2008
Mardi, les électeurs de 22 Etats américains se rendront aux urnes pour désigner leurs candidats démocrates et républicains. Côté conservateur, le suspense, déjà, semble
s'être atténué; John McCain
devrait l'emporter. Côté démocrate, Hillary Clinton et Barack Obama
sont toujours au coude-à-coude. Quoi qu'il en soit, l'élection présidentielle sera celle des
exceptions: Hillary Clinton, la première femme présidente,
Barack Obama, le premier président noir, et John McCain, le président
le plus âgé au début de son mandat.
Depuis des mois, la planète se passionne pour ce scrutin.
Les raisons de cet engouement sont nombreuses et variées et elles reflètent la vision codifiée que le monde a des Etats-Unis. Inventaire.
Les Etats-Unis restent
la première puissance mondiale. «Trois
cents millions d'habitants, un
PIB de 14 trillions de dollars. Comment ignorer les événements
qui se passent là-bas?» s'interroge Jeanny
Wildi, chercheur à l'IMD (Ecole
internationale de management), à
Roland W. Scholz, professeur à l'Ecole
polytechnique fédérale de
Le mythe perdure
La politique américaine
influe également sur l'économie mondiale. Historiquement, le
dollar est toujours plus fort sous les démocrates que sous les républicains. «Les conservateurs jouent sur de plus gros budgets et creusent davantage les déficits. Les biens importés aux Etats-Unis deviennent alors plus chers et les achats
diminuent. L'industrie
automobile allemande, ainsi, a perdu
10% de ses ventes en 2007»,
argue Gregory Berenstein, investisseur
israélo-russe établi en
Suisse. De même, la désignation
du futur président donnera l'orientation sur des dossiers importants tels que la politique étrangère et l'engagement
sur l'environnement, qui à leur tour ont
une incidence sur l'économie mondiale et la diplomatie.
Pour la plupart des gens, le mythe américain perdure. «Le modèle américain continue à fasciner. Tout y est possible, analyse
Bertold Walter, chef des Finances à
l'Ecole polytechnique fédérale de
Loin des duels habituels entre vieux ténors de la politique, la campagne de cette année a en effet vu apparaître des candidats-icônes tels que Hillary Clinton et Barack Obama. «Ce scrutin est particulièrement intéressant car il ne s'agit plus d'un combat entre républicains et démocrates, mais plutôt de répondre à la question: est-ce que les Etats-Unis sont à même de changer?» relève Bruno Engelric, directeur d'études moteurs chez Ferrari. Pour conclure: «Si un changement n'intervient pas, le pays de l'Oncle Sam risque de connaître le même sort que le Royaume-Uni, qui est passé d'une puissance mondiale au XVIIIe siècle à un pays de moindre importance.»