Le Express,
France
Europe
and the CIA: In Fear of the Truth
"In regard to the CIA detentions and abductions, European
countries are violating their own values - which is just what the terrorists
want."
By
Christian Makarian

Translated
By Sandrine Ageorges
February
20, 2007
France
– Le Express- Original Article (French)
Up
to now, criticism of the American commitment in Iraq - which is the key element
of the global offensive against terrorism initiated by George W. Bush - only
had practical political consequences in the United States. If sensitive to the
sound of the bugle [the call to war] and with respect to its detractors –
America is primarily a democratic country in which those who support Bush one
day, when confronted with the undeniable facts, can repudiate him the next.
After
the November 2006 swing of the House of Representatives in favor of the
Democrats, the same House adopted on February 16 a resolution that
"disapproves" sending 21,500 additional troops to Baghdad. In vain,
the President treated the "non-binding" vote with contempt, as 17
Republican representatives nonetheless joined the majority Democrats in
denouncing for the first time, Bush's Iraq strategy.
Some
note that no such procedure has taken place amongst Bush's European allies.
Quite to the contrary. On February 14th WATCH
, the European
Parliament took a vote that hardly captured anyone's attention. Eurodeputies
adopted a report from a temporary commission investigating CIA activities in Europe.
Over 1200 “secret flights” were listed as well as several abductions of people
suspected of terrorist activities.
This
is to say nothing of the likely existence of secret detention centers. One
might reassure oneself that that the Eurodeputies could provide no material
proof, only presumptions! But of course, since the governments of the countries
being blamed (Austria, Italy, Portugal, United Kingdom, Poland - but also
Germany, Denmark, Sweden, Spain, Cyprus, Greece, Ireland, Romania …) were made
conspicuous by their “lack of cooperation.”
Does
their silence equate to an approval of the CIA’s intrigues? Or is it the
shameful expression of uneasiness? In both cases, European nations are
ridiculing their own principles. Rather than openly discussing what must be
good cooperation with the United States, they collaborate hypocritically by
closing their eyes to methods that violate their own laws. This is precisely
what the terrorists have been waiting for to show that the West does never
practices what it preaches.
French Version Below
La
peur de la vérité
Christian
Makarian
Face
à la CIA, des pays européens bafouent leurs principes. C'est ce que veulent les
terroristes
Jusqu'ici,
les critiques contre l'engagement américain en Irak, volet principal de
l'offensive contre le terrorisme déclenchée par George W. Bush à l'échelle
mondiale, n'ont eu d'effet politique concret qu'aux Etats-Unis. N'en déplaise à
ses détracteurs, l'Amérique, si sensible au son du clairon, est un pays
essentiellement démocratique où ceux qui ont soutenu Bush un jour peuvent le
désavouer le lendemain devant la flagrance des faits. Après le basculement de
la Chambre des représentants du côté démocrate, en novembre 2006, voici que la
même Chambre vient d'adopter, le 16 février, une résolution qui «désapprouve»
l'envoi de 21 500 soldats supplémentaires à Bagdad. Le président a eu beau
traiter par le mépris ce vote «qui n'a pas de caractère contraignant», il n'en
reste pas moins que 17 représentants républicains se sont joints à la majorité
démocrate pour dénoncer avec elle, pour la première fois, la stratégie
poursuivie par Bush en Irak.
On
ne note aucune procédure de ce type chez les alliés européens de Bush. Tout au
contraire. Le 14 février est intervenu au Parlement européen un vote qui n'a
guère retenu l'attention. Les eurodéputés ont adopté le rapport de la
commission temporaire d'enquête chargée d'investiguer sur l'action de la CIA en
Europe. Plus de 1 200 «vols secrets» ont été ainsi pointés, ainsi que plusieurs
enlèvements de personnes soupçonnées d'activités terroristes. Sans parler de
l'existence probable de centres de détention. Qu'on se rassure, les eurodéputés
n'ont pu apporter aucune preuve matérielle; seulement des présomptions! Et pour
cause, les gouvernements des pays mis en cause (Autriche, Italie, Portugal,
Royaume-Uni, Pologne, mais aussi Allemagne, Danemark, Suède, Espagne, Chypre,
Grèce, Irlande, Roumanie…) se sont singularisés par leur «absence de
coopération». Leur silence vaut-il consentement à l'égard des agissements de la
CIA? Ou est-il l'expression honteuse d'un malaise? Dans les deux cas, des
nations européennes bafouent leurs principes. Au lieu de discuter ouvertement
de ce que doit être une bonne coopération avec les Etats-Unis, elles
collaborent hypocritement, en fermant les yeux sur des méthodes qui se situent
en dehors de leurs propres lois. C'est précisément ce qu'attendent les
terroristes pour démontrer que les Occidentaux n'appliquent jamais ce qu'ils
prêchent.